Toute la vérité sur la rentabilité des radars routiers

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Toute la vérité sur la rentabilité des radars routiers

Message  Malcom69 le Mar 20 Sep - 18:10

Toute la vérité sur la rentabilité des radars routiers
18-09-11 à 10:07 par la rédaction de Challenges
Après le tollé provoqué par le retrait des panneaux annonçant les radars fixes, le gouvernement a pris des demi-mesures qui alourdissent la facture.

Une divine surprise attendait les responsables de la Sécurité routière à la rentrée: le nombre de morts sur la route est tombé à 358 en juillet. Un record depuis 1956. Les experts avancent diverses hypothèses -la météo maussade aurait découragé les motards de sortir-, mais tous s'accordent sur un point: la menace de sanctions alourdies a suffi à redresser la barre.

Ce bon chiffre arrive après six mois de folie douce autour du dossier ultrasensible de la sécurité routière, et quelques dizaines de millions de dépenses supplémentaires à ajouter au déficit abyssal de la France. La séquence commence en avril dernier, avec une autre surprise, beaucoup moins bonne celle-là: le nombre de tués sur la route est en augmentation de 13% sur quatre mois. Une très mauvaise nouvelle, alors que Nicolas Sarkozy, le premier président à ne pas avoir amnistié les contraventions après son élection, a fait de ce dossier l'une de ses priorités.

Cercle vertueux
Pourtant, depuis 2002 et la mise en place des radars automatiques, le nombre de morts n'avait cessé de baisser: de plus de 7.000 à 3.992 en 2010. L'objectif présidentiel de passer sous la barre des 3 000 en 2012 était à portée de main. "Avant l'arrivée des radars automatiques, un automobiliste se faisait contrôler une fois tous les quatorze ans, rappelle Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière.
Depuis leur installation, la vitesse moyenne a baissé, ce qui a sauvé des milliers de vies." La France avait inventé le cercle vertueux: augmentation du nombre de radars, progression du nombre de contraventions, chute de la vitesse moyenne, recul du nombre de morts. Et cette politique ne coûte rien. Les recettes générées par les radars suffisent largement à leur entretien, au financement de toute la chaîne de perception automatisée des amendes, et l'Etat se partage le solde avec les collectivités locales pour l'entretien des routes.
A Rennes, le Centre national de traitement des amendes, avec ses 450 salariés, traite les 17 millions de PV qui lui sont directement adressés par les radars routiers et expédie 60. 000 courriers par jour. "Un savoir-faire unique au monde!" se félicitent ses responsables. Une merveille d'organisation à la française, que des délégations étrangères viennent visiter!

Rendement en baisse
Début 2011, la belle mécanique déraille. La mortalité augmente à nouveau. Les 2.000 cinémomètres (radars routiers) fixes ont perdu de leur efficacité. D'ailleurs, ils flashent moins de contrevenants, générant moins de PV, et donc moins de recettes. Comme le souligne le député UMP de la Drôme, Hervé Mariton, dans son rapport sur le budget des transports, le produit des amendes forfaitaires a chuté de 500 millions d'euros en 2009 à 469 millions en 2010, et sera proche de 435 millions en 201 1, alors que le nombre d'appareils n'a cessé de croître dans la même période. Selon ses projections, les radars ne seront plus rentables en 2017.
Le parc vieillit, le vandalisme s'accroît, l'envoi automatisé des PV connaît des ratés... Dans un rapport de 2010, la Cour des comptes regrette que l'on ne sache plus combien d'amendes sont émises chaque année, et s'étonne de l'utilisation de sept logiciels différents entre le flash et le PV! Sans parler de la grogne des automobilistes, exaspérés d'être verbalisés ou de perdre 1 point sur leur permis pour de petits excès de vitesse. 

Claude Guéant, qui connaît bien le dossier pour l'avoir déjà piloté lorsqu'il était directeur de la police nationale puis directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy Place Beauveau, veut agir vite et fort en ce printemps 2011 pour marquer les esprits et stopper la dérive. Le comité interministériel de sécurité routière annonce début mai que les radars fixes ne seront plus signalés par des panneaux et que les équipements électroniques de type Coyote, Wikango et Inforad ne devront plus indiquer la présence des radars, dont le nombre va encore augmenter.
Lobbying payant
Ces mesures provoquent un tollé. Celui des associations d'automobilistes n'est pas surprenant: "En multipliant les radars, on a créé une usine à gaz inutile et impossible à réformer, d'autant que la vitesse tue très peu; on ferait mieux de s'attaquer à la somnolence", proteste ainsi Laurent Hecquet, délégué général de 40 millions d'automobilistes. Mais c'est parmi les députés UMP que la fronde se propage.
"On a démontré au gouvernement que ces décisions auraient un coût électoral disproportionné", témoigne le député Christian Vanneste, l'un des meneurs. Finalement, les panneaux seront bien enlevés, mais remplacés par des radars dits "pédagogiques", qui affichent la vitesse des véhicules sans verbaliser les excès. Quant aux avertisseurs de radars, s'ils restent autorisés, ils n'indiqueront plus que des "zones dangereuses".
En outre, les fabricants de ces appareils, qui s'étaient alliés dans l'Association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies d'aide à la conduite (Afftac) et avaient obtenu 1 million de signatures pour leur pétition, signent un protocole avec les pouvoirs publics, mais ne cachent pas leur joie. "Les zones dangereuses, c'est le nouveau nom des radars", explique un utilisateur soulagé. Déjà, plus de 6 millions de Français paient un abonnement mensuel pour savoir en temps réel où se trouvent les "zones dangereuses". Le marché de "l'aide à la conduite" va pouvoir continuer à prospérer. "Le gouvernement a reculé, s'enflamme l'avocat spécialisé Eric de Caumont. On arrive aux limites de la répression aveugle!"
Efficacité à tout prix
Résultat: la valse-hésitation du printemps va coûter cher. Le retrait des 3.000 panneaux d'information se chiffre à 4,5 millions d'euros. Une broutille comparé à l'installation de 4.000 radars pédagogiques: 40 millions! "Aucune importance, affirme le préfet Jean-Luc Nevache, délégué à la sécurité routière. Je ne suis pas tenu d'économiser de l'argent, mais des vies, cela me donne une certaine marge de manoeuvre." En effet, les accidents de la route ont coûté au bas mot 24 milliards d'euros à la collectivité en 2010. Ce coût comprend les dépenses engendrées par les secours, les soins aux 84 461 blessés, les perturbations de trafic ... Il n'évalue pas le prix de la douleur pour les victimes et leurs familles.
 Jean-François Arnaud

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