Bol d’Or : l’endurance, cette longue histoire

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Bol d’Or : l’endurance, cette longue histoire

Message  Malcom69 le Sam 2 Jan - 7:49

Bol d’Or : l’endurance, cette longue histoire
De la Seine-Saint-Denis à Magny-Cours, depuis 1922



C’est en Île-de-France que le Bol d’Or écrit ses premières lignes. Née des suites du Concours d’Endurance de l’UMF et son édition 1921 dans la forêt de Marly, près de Saint-Nom-la-Bretèche, le Bol d’Or débute un an plus tard, le 22 mai 1922, entre Vaujours, Clichy-sous-Bois et Livry-Gargan.

Les origines : un Roland Garros pour motos ?
C’était sur un circuit de 5 kilomètres, en terre battue, que la première épreuve se dispute. 24 heures d’endurance sont au programme .
Or, cette endurance n’a strictement rien à voir avec celle que nous connaissons aujourd’hui. Un seul pilote est au guidon et doit courir 24 heures,
avec la possibilité de se reposer quatre heures la nuit.
Malgré ces contraintes, ils sont 17 au départ en motos pour 1.245 kilomètres de périple.
Celui qui en sort vainqueur, le Français Tony Zind, pilote une Motosacoche à 51,3 km/h de moyenne. Un succès qui ne doit rien au hasard,
tant le pilote est prompt à remettre le couvert en 1923. Le premier vainqueur du Bol d’Or est connu, de même que l’origine du nom de l’épreuve,
qui regroupe deux courses de 24 heures, la seconde étant ouverte aux side-cars et cyclecars.

L’appellation Bol d’Or, nous la devons à Eugène Mauve. A l’époque président de l’Association des anciens motocyclistes militaires,
il n’est pas parti d’une feuille blanche pour baptiser l’épreuve. Il s’inspire en effet d’une course similaire, mais cycliste.
24 heures y sont aussi au programme, à 35 km/h de moyenne... autant dire que la fatigue est bien là et ce dès 1894, date de la création de ce Bol d’Or made in Paris-Pédale !

Jusqu’en 1936 et hormis en 1927, la course se joue ensuite à Saint-Germain en Laye – qui oscillera entre le circuit des Loges et le circuit de la Ville dans ses éditions du Bol d’Or.
L’exception est due à un drame : un accident mortel  en cyclecars en 1926 a refroidi les ardeurs des organisateurs, qui ont fait cap au sud pour s’installer un temps en forêt de Fontainebleau.
Mais les bois de Saint-Germain ne sont pas immunisés non plus par le changement.
En effet, la construction dès 1924 du circuit de Montlhéry va ouvrir la voie à trois épreuves de 1937 à 1939.
Durant cette première phase, les Français cèdent la gagne  à quatre reprises à leurs voisins belges : Lempereur en 1927, Victor Vroonen les deux années suivantes et Edgar Craët en 1936. En raison de la seconde guerre mondiale, aucun Bol d’Or n’est organisé de 1940 à 1946.
1947 : Gustave Lefèvre écrit son histoire entre Saint-Germain et Montlhéry
Du 13 au 15 septembre 1947, sur le circuit des Loges de Saint-Germain de 5,8 kilomètres, le dix-neuvième Bol d’Or met fin à sept ans d’absence et d’incertitude.
La seconde guerre mondiale est dans tous les esprits, mais il faut reprendre le dessus et aller à nouveau de l’avant.

Avant cela, il faut toutefois s'entendre sur la venue. Vous le savez, Saint-Germain accueille ce Bol d’Or de renaissance, mais ce n’est pas le premier choix. Montlhéry l'est en effet, mais des travaux empêchent cette entreprise.
Les autorités ont donné leur feu vert  pour passer par le Bois de Boulogne jusqu’à l’hippodrome de Longchamp.
D’abord prévue en mai, puis fin juillet, l’épreuve va donc être reportée en septembre à Saint-Germain et ce malgré tous les efforts d’Eugène Mauve.




Cette année-là, Gustave Lefèvre fait donc fi des circonstances et s'impose au guidon de sa Norton.
Ce n’était pas sans pépin, bien  entendu, qu’il réalise cet exploit. Un réservoir détruit et deux crevaisons n’entament donc pas sa suprématie, à une époque où la fiabilité est loin de l'actuelle.
L’année suivante, il sera succédé par Jacques Lenglet et sa BMW, avant de reprendre sa revanche pour trois victoires consécutives, dont deux à Montlhéry.
En 1953, 1956 et 1957, il sera à nouveau victorieux.

Pour ces deux dernières années, il n’est d’ailleurs plus seul, car accompagné de Georges Briand.
En 1954, en effet, le Bol d’Or impose l’alignement d’équipages de deux pilotes.
Un format qui sourit en premier lieu au duo autrichien de Johann Weingartmann et d’Helmut Volzwinkler.
La République Tchèque se montre elle aussi prompte à réagir, puisqu’en 1955, elle fait triompher Oldrich Hamersmid et Sasa Klint.
Les Français reprennent le flambeau jusqu’en 1960, avant une nouvelle interruption de huit ans. Cette fois-ci, c’est la crise en moto qui impose cet arrêt forcé.

1969 : Moto Revue reprend la main, les succès suivent
C’est du pays du soleil levant que vient la reprise du marché moto, une bénédiction pour le Bol d’Or qui se relance en 1969 pour deux ans à Montlhéry.
Victime de son succès, l’épreuve se déplacera au Mans jusqu’à la fin des années 1970.



Le Castellet suivra jusqu’en 1999 avant de céder la main à Magny-Cours qui n’a plus jamais laissé filer l’épreuve.

Ce nouveau souffle est également l’initiative de Jean Murit et Marcel Seurat, soutenus dans leur démarche par plusieurs clubs moto.
L’organisation d’un événement est une chose, sa tenue et la proclamation d’un vainqueur en est une autre.
En 1969, Michel Rougerie s’imposera avec Daniel Urdich sur une Honda, ce qui lancera le natif de Montreuil vers Robert Leconte, une Kawasaki H1R et Aermacchi pour intégrer le Championnat du Monde.
Le sport commence également à se démocratiser, si bien que l’ORTF y consacre quelques reportages dans l’émission Les coulisses de l’exploit, qui mêle tous les sports sur la seule antenne capable d'émettre à l'époque à la télévision.

Les Britanniques signeront leurs premiers succès les années suivantes, d’abord avec le duo Tom Dickie, détenteur d'une victoire au Tourist Trophy et Paul Smart, puis celui de Percy Tait et Ray Prickell, premiers vainqueurs au Mans.

Flegme britannique oblige, ces deux années marqueront les seules victoires du constructeur Triumph.
Piqués au vif sur leurs propres terres, les Français prendront leur revanche jusqu’en 1976.
Cette année-là, le premier équipage où deux pilotes de nationalités différentes s’imposent.
Le Britannique Alex Georges et le Français Jean-Claude Chemarin offrent un nouveau succès à Honda.
Le Français secondera son compatriote Christian Léon les trois années suivantes avant de passer au Castellet.



1980 : l’époque moderne entre le Castellet et Magny-Cours
Si le Bol d’Or déserte le Mans, c’est bien entendu suite à l’arrivée des 24 heures en deux roues en 1978.
L’épreuve est créée sous l’égide d’une Automobile Club de l’Ouest motivée par ses succès sur quatre roues depuis 1923. Une querelle qui arrange finalement bien les deux entités, les deux épreuves s’intégrant sans aucune difficulté au championnat du monde d’endurance, qu’elles comptent en alternance ou cohabitent !

C’est donc au Paul Ricard que Suzuki marque son territoire avec à son guidon Pierre-Etienne Samin et Frank Gross.
Une première victoire du constructeur qui va être réitérée, surtout après 2000 où Suzuki n’a plus quitté la plus haute marche du podium entre 2001 et 2006, avant d’y retourner de 2008 à 2011.
Avant cela, Dominique et Christian Sarron s'illustrent, seuls ou en équipe en 1994 avec des Honda, Suzuki et Yamaha.
L’ère du Team GMT 94 et du Suzuki Endurance Racing Team (SERT) bat son plein et continue la compétition !
Dès 1982 et à l’exception de 1984, les trinômes se démocratisent et les Français continuent d’être à la fête.
Des pilotes comme Alex Viera, Vincent Philippe (vainqueur à 8 reprises à Magny-Cours, excusez du peu !) ou encore Jean-Michel Bayle s’illustrent dans cette période.
Les épreuves annexes
Le succès du Bol d’Or a été si important que des compétitions similaires ont vu le jour.
La Tasse d’Or regroupe ainsi des motos de moins de 50 cm3. Continuant de spécifier sa différence, le Bol d’Or voit sa sœur, la Classic, prendre le pas sur elle et réaliser sa 11e édition en 2013 (l’année marquant la 77e édition du Bol d’Or).
Enfin, le Bol d’Argent est, comme son nom l’indique, une course support qui réunit des pilotes amateurs.
En revanche, l’appellation Bol d’Or est également utilisée dans d’autres sports, comme la voile sur le lac Léman ou encore le football canadien…
signe que la francophonie aime l’expression !

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